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Ecologie

Et développement durable

 

Les énergies vertes,

Une  révolution propre 

 

 

Les révolutions économiques et les grandes mutations ont de tout temps été fondées sur l'apparition, à la fois de nouvelles technologies et d'un nouveau système d’énergie, pour que peu de temps après, l’impulsion soit globale et la répercussion devienne une boule de neige, planétaire et en chaîne, n’épargnant aucun continent.

C’est ainsi que le pétrole, devenu 100 ans après sa découverte et à partir des années 50, la première source d'énergie dans le monde capable d’engendrer une véritable révolution industrielle et de faire entrer l’humanité dans les temps modernes.

Avec l’apogée du pétrole et l’après seconde guerre mondiale, la planète a connu la prospérité des trente glorieuses et le développement spectaculaire des infrastructures des routes, de l'automobile et de l’immobilier, révolution industrielle prolongée par la suite, par la révolution des NTIC (nouvelles technologies de l’information et des communications).

Mais l’année 1973 accoucha de la gigantesque augmentation des cours du pétrole et des matières premières et conduisit à une catastrophe pour les 40% de l'humanité, contraints à vivre avec moins de 2$ par jour et dont 1 milliard d’êtres humains souffrirent de la famine.

Aujourd'hui, l’effondrement des cours du pétrole, les crises budgétaires et les revers qu’elles sont en train de causer dans les pays producteurs de l’or noir, ont démontré encore une fois les dangers de la dépendance envers les énergies fossiles, rares et condamnées à l'extinction, devenant ainsi une malédiction quand il y ont vu une source intarissable de richesse.

Ces crises et soubresauts, ainsi que les risques environnementaux, poussent incessamment les instances dirigeantes à penser à d’autres alternatives énergétiques, ce qui annonce déjà une nouvelle ère et une révolution prochaine.

Le discernement du souverain Mohamed VI, est précurseur dans ce domaine depuis son accession au trône. Sa clairvoyance et sa lucidité témoignent d’une veille technologique qui a permis au Maroc d’anticiper sur l’avenir et d’investir très tôt dans les nouvelles énergies propres et renouvelables.

Quelques années avant, il était inimaginable que le royaume puisse relever de tels défis planétaires et devenir un pays exportateur d’énergie.

Mais l'évolution du Maroc au cours des cinq dernières années a démontré que la croissance économique et la protection de l'environnement peuvent aller de pair, et qu’il est aujourd'hui possible de combler le fossé qui sépare l'écologie de l'économie.

Les experts sont aujourd'hui unanimes, que la troisième révolution sera fondée sur les énergies vertes, avec une tendance générale vers un pouvoir où le passage aux énergies renouvelables sera latéral plutôt que hiérarchique et où des millions d’immeubles, d'habitation et d’agglomérations deviendront des réseaux de  centres énergétiques dotés d'une capacité de transfert entre sites.

Et pour que la révolution énergétique propre puisse aboutir avec succès, les actions mondiales doivent être menées de concert grâce à une vision unie et globale, afin de lutter contre le réchauffement climatique qui pourrait avoir des conséquences énormes sur la disparition d'une partie importante de la faune et de la flore forestière, aussi bien que les chutes d'eau plus fréquentes et plus violentes, la hausse du niveau de la mer et les inondations, ce qui nécessiterait la relocalisation d'un milliard de personnes dans les 40 années prochaines si les initiatives mondiales restent timides d’ici là.

L’enjeu est ainsi énorme à l’égard de la sécurité alimentaire, de la rareté de l’eau, de la perte des terres arables, qui sont parmi les défis nombreux auxquels sont aujourd’hui confrontés les pays en voie de développement, mais aussi les pays développés qui sont les plus producteurs de pollution et dont une partie de leurs populations sont également dans la pauvreté et la précarité énergétique, cette carence qui se définit comme l’incapacité à pouvoir chauffer correctement son logement à un coût acceptable, et qui est devenue un vrai soucis des populations et des Etats, comme en Espagne où elle a affecté 4 millions d'habitants et le chiffre est appelé à doubler avant 2020 selon les experts, ou en France d'après l’enquête logement de 2013 qui estime que 5,8 millions de ménages sont en situation de précarité énergétique. Un nombre appelé à croître de manière aussi constante et soutenue que l'augmentation du prix des énergies,  et à cause des vagues de froid glacial que connaît la planète ces dernières années.

La précarité énergétique a des effets néfastes et des conséquences graves, aussi bien au niveau social et sanitaire des habitants contraints à une vie sociale difficile qui approfondit le sentiment d’injustice, comme elle engendre des difficultés de propreté et du maintien de la santé, ainsi que l'aggravation des maladies respiratoires, cardio-vasculaires, arthrites et dépressions.

Cette précarité énergétique présente aussi des conséquences sur la sécurité des ménages en raison des incendies, des intoxications au monoxyde de carbone à cause de l'utilisation de poêles à pétrole ou à gaz, en plus des conséquences environnementales, pour ce qu'elle engendre comme gaspillage d’énergie et comme émissions de CO2, à cause de la vétusté des bâtiments ou des conduites sanitaires.

Le grand combat environnemental, nécessite inéluctablement une forte vision pour la planète ainsi qu’un plan pragmatique et concret, afin de limier les émissions de CO2 et l’utilisation des énergies fossiles et écarter les dangers qui guettent toute la civilisation humaine. Toutefois, ce défi environnemental ne signifie pas pour autant un renoncement total à la croissance, à l’industrialisation et au développement, mais impose de procéder à un remaniement du mode de développement actuel, des sources d’énergie et des méthodes de sa reproduction et de sa consommation.

Doctrine visionnaire adoptée par le souverain, comme affirmée dans son discours adressé au Crans Montana session 2016 à Dakhla en ces termes : « Il s'agit non seulement de défis climatiques, mais aussi et surtout de défis en matière de développement. Or, l'Afrique a son mot à dire dans ce débat mondial. Elle ne devrait donc ni se taire, ni se laisser faire, encore moins se réduire à choisir entre développement et écologie. C'est cette vision que le Maroc a choisi d'ériger en doctrine, en accueillant la 22ème réunion des Etats Parties à la Convention Cadre des Nations Unies sur les Changements Climatiques (COP 22) ».

Ne disposant pas d’or noir dans ses sous sols, le royaume, à coté des phosphates, de l’eau et du vent,  possède un trésor vert, naturel, sain et abondant ; le soleil à volonté, plus de 3000 heures d’ensoleillement par an, une richesse qui est en train de faire du Maroc un des plus grands pays mondiaux producteurs et exportateurs de l’énergie renouvelable, depuis le lancement royal du projet en 2009, quand le pays ne produisait pas plus de 5 % de son électricité, contre 26 % actuellement.

La volonté royale dans ce chantier ambitieux, qui est d’atteindre 42% d’autonomie d’ici 2020 avec des technologies propres, font du Maroc un pays précurseur en la matière, en se plaçant à l’avant-garde par le conseil mondial de l’énergie.

Avec sa priorité axée sur les énergies renouvelables et le développement de l’efficacité énergétique, le royaume qui en a fait sa stratégie nationale depuis l’année 2009, persiste à réussir son économie verte, afin d’abaisser l’approvisionnement en énergie dépendant à plus de 90 % de l’étranger, et de bâtir une industrie purement marocaine des énergies renouvelables pour en faire un secteur gisement d’emplois, pour quelques 60 000 postes d’ici 2020, avec un ensemble de programme de formations et de qualifications aux métiers des énergies renouvelables, et de l’efficacité énergétique que cela doit nécessiter.

Cette nouvelle génération de grands projets verts, écologiques et durables apparus dans les pays émergents, dont le Maroc est à l’échelle de la région arabe et méditerranéenne, le champion des projets urbains labellisés, depuis la fin des années 2000, comme pays avancé dans la politique de l’urbanisme durable aux standards internationaux. Le royaume est fortement engagé dans le développement de l’efficacité énergétique au secteur du bâtiment. Il fait partie des pays identifiés par le  PEEB,

Programme d’Efficacité Energétique dans les Bâtiments (PEEB), facilitateur de coopération technique plaidant pour des solutions internationales de financement et de subvention innovantes, pour appuyer les politiques publiques des Etats dans l’innovation en matière d’efficacité énergétique des bâtiments, ainsi que pour la promotion des normes de transparence et de gouvernance dans le secteur,  essentiellement en matière d’efficacité énergétique et de l’intégration des technologies et des solutions énergétiques durables.

C’est dans cette lignée du bâtiment écologique que sont apparus les projets de villes nouvelles pilotés par le royaume, via le groupe Al Omrane sous la tutelle directe du ministère marocain de l’Habitat, de l’urbanisme et de la politique de la ville, Sahel Lakhyayta près de Casablanca. Mais aussi à Chrafate au nord du maroc région al hoceima, cette dernière visait dès 2010, le qualificatif de ville écologique et durable, conçue selon les standards internationaux les plus récents en matière de préservation de l’environnement, de la réduction de l’émission de gaz à effet de serre et de l’utilisation des énergies renouvelables.

Lakhyayta, prévue pour accueillir 200.000 habitants dans 40.000 logements, sur une superficie de 1500 hectares, la nouvelle ville verte nécessitera un investissement global de 35 millards de dirhams.

Projets auxquels vinrent s’ajouter les projets de CDG Développement, holding privée, dont celui de Rabat Al Boustane, Éco_cité Zénata, Casa Green Town, ou encore ceux du promoteur  privé Alliances à Bab Drâa ou à Casablanca-Sindibad.

Dans cette optique et dans cette volonté écologique, sont aussi érigés les projets de développement urbain pilotés par l’Office chérifien des phosphates, numéro un mondial du secteur, dont le projet Ville verte à Ben Guerir.

Lancée en 2009 par le souverain, dans le cadre des grands projets de développement du Groupe OCP, la Ville Verte Mohammed VI, ambitionne son statut  de pôle universitaire de rang mondial. Elle a pour vocation d’offrir un cadre de vie attractif et écologique exemplaire autour d’un écosystème du savoir.

Ayant accueilli sa 2ème promotion d’étudiants pour 2016, l’Université prévoit de regrouper 12 000 étudiants à l’horizon 2025, encadrés par 1000 enseignants chercheurs, répartis dans des unités d’enseignement à thématiques techniques, et énergétiques diversifiées. 

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